Et la vie continue

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Lorsque les jeunes ados et enfants du CEFC disputaient, les 7 et 8 mars dernier, aucun⋅es d’entre eux avaient en tête de disputer leur dernier tournoi d’escrime avant un temps indéterminé. Les annonces successives des autorités sportives et sanitaires du pays, ont sonné, depuis le 13 mars dernier, un arrêt brutal, mais nécessaire des activités sportives. A l’aube de la crise qui frappe l’ensemble des habitant⋅es de la planète, le CEFC avait démontré ce qu’il sait faire de mieux : sa cohésion sociale et sportive, sa forte capacité, lors des rencontres par équipes et le courage de ses compétitrices et compétiteurs. Petit tour de piste, en attendant les grandes retrouvailles.

La rentrée sur les pistes, après les vacances d’hiver, paraît, à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, un temps encore léger où l’école, le travail et les entraînements d’escrime redevenaient la petite habitude. Journée exceptionnelle en année bissextile, le samedi 29 février 2020 devait réserver son lot de surprises, la suite logique d’une année qui a petit à petit perdu la tête.

Ce jour-là, plusieurs générations de fleurettistes se retrouvaient sur la piste. Le CEFC n’a pas ménagé ses efforts pour motiver filles et garçons à aller à la bagarre. En ce début d’épidémie, tout le monde ou presque commence à “se serrer les coudes” mais on se serre encore la main à la fin de l’assaut. Ce jour-là, les esprits les plus joueurs espèrent encore tirer profit d’une compétition par équipe : du plaisir chez les grand⋅es, un rêve de qualification nationale au soleil du sud pour les jeunes.

Les garçons vont vivre une compétition compliquées : les équipes séniors de Florent, Ruben et Thomas P. et de Matthieu, Nils et Gatien vont tomber sur plus “costaud”. Malgré l’appui de la maestra Donatella, aux côtés de Sara et Agnieszka, mais sans Mariore, clouée au lit avant l’heure, l’équipe des dames s’avère tout aussi impuissante contre la Tour d’Auvergne et le SCUF.

Thomas Pioger, toujours à l’affût !

Chez les cadets, c’est l’équipe des garçons qui ouvre le bal. L’arrivée au gymnase est tardive et la place manque en arrivant sur place. Échauffés à la hâte dans les couloirs du gymnase, Rayan, Gaspard et Sekou sont cueillis à froid par une homogène équipe de BLR92. Frustrés par des décisions arbitrales surprenantes, les garçons se reprennent et battent sur le fil 45 touches à 44 une deuxième équipe de BLR92, avant de s’incliner à nouveau contre St Germain en Laye, non sans avoir lutté jusqu’au bout. La compétition individuelle du lendemain sera plus difficile, mais c’est déjà une autre histoire. La satisfaction d’avoir travaillé la cohésion et montré ce que chacun était capable de faire l’emporte sur les déceptions individuelles.

Ce jour-là au gymnase Elisabeth, les générations se croisent, se soutiennent. Chacun est dans sa bulle, mais la compétition est rude, pour peu qu’on manque un peu de métier. Alors, le soutien des aîné⋅es est toujours le bienvenu ! Le temps d’une photo, on réunit les équipes féminines. Les “jeunettes”, vaincues mais vaillantes contre les filles de Melun, puis battues 43-45 par une belle équipe de St Germain en Laye pour jouer la 5ème place. Ensemble, elles font preuve de courage et découvrent en chacune d’elles des ressources insoupçonnées, notamment Loreline et Lilou, remarquables de bout en bout du tournoi.

Maestra Donatella, Loreline, Cécile, Sara, Lilou, Agnieszka

Encouragées par leurs jeunes camarades jusqu’à la tombée de la nuit, c’est une à une que les maestros vont chercher les déçues et épuisées compagnes d’armes du CEFC et du club de Sèvres, pour se mettre d’accord pour un match pour du beurre entre les deux équipes, déjà éliminées de la course à la qualification. Sèvres l’emporte, mais l’essentiel est ailleurs. Filles et garçons repartent d’Elisabeth, épuisé⋅es, riches d’une expérience collective supplémentaire, réunissant des jeunes gens d’horizons et de tempérament différents, autour d’une envie de gagner en chœur, en cœur. On passe beaucoup de temps à expliquer ce qu’est la victoire, pour parfois l’effleurer. On en prend parfois un peu moins pour regarder en face la défaite, et le poids qu’elle pèse au quotidien. C’est pourtant dans le sillon des matches perdus, des décisions contestables, des actions en l’air et ratées, que se creusent les grandes victoires. Toutes ces jeunes athlètes resté⋅es jusqu’à la tombée de la nuit pour supporter le poids de ces réflexions sont sortis grandi⋅es d’une ligne morale et pas d’un palmarès.

équipe & entraîneur : Loreline, Lilou, Cécile, Thomas & Aida
Paroles de coach
Sekou, Agnieszka, Aida (cachée par Agnieszka), Gaspard, Lilou, Thomas, Loreline, Cécile, Rayan, Maestro Eddy

On dit qu’une bonne performance collective peut parfois transformer les tireur⋅ses ordinaires vers des hauteurs qu’ils n’espéraient peut-être pas atteindre seul⋅es; qu’elle tend à inciter les individualistes à davantage de don de soi et de générosité. 9ème le lendemain, à l’occasion du Championnat Ile-de-France M17, Aida peut profiter du confinement pour mesurer tout le bénéfice de ce que lui apporte le travail de groupe et l’entraide des camarades de club.

Samedi soir, la tête de la jeune tireuse bouillonnait et la lucidité l’avait abandonné. Dimanche matin, c’est une tireuse concentrée et impressionnante de calme et de précision qui s’est frayée un chemin jusqu’au tableau de 16. La “grande petite” Aida, privée de grand 8 à une riposte près, était à une touche de réaliser une performance majuscule. Mais son parcours lui permet tout de même d’apparaître cette fois ci dans les 10 meilleures M17 d’une compétition Régionale, et dans le classement des meilleures parisiennes d’une catégorie qui n’est même pas la sienne.

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Une petite semaine plus tard, c’est au tour des M15 de tenter l’aventure collective. Avant de partir pour la compétition, nous recevons la visite surprise des adultes revenu⋅es avec le sourire de la “matinée loisir”, avec une belle 3ème place pour Simon au fleuret, et surtout des tireur⋅ses présenté⋅es dans les 3 armes !

Les “gainés” du lundi, Laure & Thierry, ont dégainé leur pointe pour quelques duels !

Pointe vers le bas mesdames et messieurs ! Des enfants nous lisent et nous regardent ! 😂

Dimitri & Simon n’hésitent pas à échanger les armes et troquer leur tenues et leurs surfaces valables. Joueurs, qu’ils soient au sabre, au fleuret ou à l’épée, le dénominateur commun reste le plaisir de l’escrime !

Simon a sabré le Perrier

L’occasion de ces rencontres, est aussi de s’initier à l’arbitrage. Le jeu en vaut d’autant la chandelle, lesté du poids du résultat et de la pression du classement, il s’exerce dans l’esprit courtois et dans une approche constructive.

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Le même jour, sur le coup de midi, c’est l’heure du départ groupé des jeunes depuis le collège Gambetta, où Maître Eddy & Thomas ont donné rendez-vous pour un ralliement. Les trajets sont propices aux bavardages, on se raconte mille fois histoire, on écrit les matches, avant et après la compétition et biens d’autres histoires de jeunesse, avant de les vivre.

Alois, Pablo, Solveig, Astahan, Aida, Lilly, Rayan, Camille,Théodore, Adrian, & Maestro Eddy

L’expérience collective s’avère encore plus cruelle une semaine plus tard, sportivement, pour nos troupes. Les “petit.es” équipes M13 surclassées, composées de Camille, Céleste et Lilly, Astahan, Théodore & Yal ne comprennent pas du premier coup, au vu de leurs places en fond de grille, qu’ils sont présent⋅es pour apprendre et “s’entraîner” dans une catégorie qui n’est pas la leur. Le coup est plus rude à encaisser pour Alois, Adrian, Pablo et Gaspard, rapidement balayés, démunis ce jour-là d’atouts forts et d’esprit de révolte.

Sans victoire, les garçons vexés ne traînent pas dans le gymnase, alors que rencontres des filles s’achèvent au crépuscule. Battues et combatives , littéralement et pratiquement surclassé⋅es, les ‘inséparables’ ne perdent pourtant pas le sourire, une fois les matches terminés. Les rencontres en 36 touches étaient pour la plupart des jeunes une première vraie expérience compétitive. On pourra travailler mille fois les actions, répéter indéfiniment nos gammes, la cohésion et les collectifs se cimentent dans ces moments de joie et de dépassement, où les destins sportifs se lient les uns aux autres.

De la préparation à la baston, le groupe montre, tout au long de la longue après-midi, vaillance et persévérance : dans les gradins, Camille se prépare avec le sourire; sur la piste, Paloma exécute ses premiers coups droits gagnants et Solveig présente sa pointe et sa détermination. Non loin de là, contre les filles du SCUF Céleste, passe à l’attaque !

(Crédits photographiques : Brigitte Sombié)

Un mot sur deux premières fois : sur la pointe des pieds, mais avec tout son courage, le jeune Adrian possède l’écoute et la réserve des travailleurs discrets. L’avenir récompensera sa patience s’il persévère et revient à l’exercice. Tout comme Paloma, il s’offrait le privilège de débuter la compétition en fanfare : en découverte et en apprentissage, mais pas en observation, impressionné⋅es par l’opposition, mais rassuré⋅es par le soutien et l’amitié de leurs équipier⋅es et la présence des Maîtres d’Armes. Les larmes versées par la grande escrimeuse du groupe M13, se sèchent assez vite, soulagée par la téméraire Aida et de la persévérante Solveig, qui a la lucidité de lui rappeler qu’elle ne doit surtout pas encaisser les coups toute seule. Comme la semaine passée, les compétitions se terminent en début de soirée. Eddy & moi tentons de prolonger la fête : nous ramenons la troupe dans le XXème arrondissement et on improvise un goûter tardif dans la tisanerie du commerce en face de la salle d’armes. Sans savoir que tout allait être mis sur pause une semaine plus tard, le temps s’étire et l’on s’étonne alors de la résistance de ces courageux jeunes gens.

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Dimanche 8 mars, deux jeunes garçons avaient également décidé d’aiguiser leur tranchant et de s’aguerrir au contact des sabreurs franciliens : voici Vadim & Pierre !

Vadim & Pierre, escrimeurs M15 du mercredi au sabre

Les deux tours de poules sont riches pour Vadim et Pierre, qui remportent leur premières “V” en compétitions. Une ou deux victoires auraient peut-être parues bien maigre en saison compétitive. Elles ont au contraire valeur de trésor. D’ici quelques temps, elle réchaufferont les cœurs rien qu’à les évoquer.

Après la bataille des pirates, à peine le temps d’un petit sandwich que débarquent déjà les cavalier.es M11 puis M9 pour l’entraînement des jeunes. Lors de l’échauffement collectif des franco-cubain, les escrimeur⋅ses occupent l’espace, sur toute la longueur d’une piste ! “Ha mais c’est une armée ! me fait remarquer mon collègue du Racing Club, Keivan Javanshir. Au CEFC, les groupes nombreux exigent des éducateurs une attention portée à tous, à tous les instants, et une discipline sans faille pour la progression individuelle. Les élèves n’oublient pas leur premiers devoirs, qui pourraient figurer sur un imaginaire “livret des valeurs du CEFC” : apprendre, s’amuser, s’accrocher.

Un groupe M11 soudé et discipliné, une véritable école d’escrime

La rencontre propose son cocktail habituel : un lot de quelques touches et matches remarquables, de rires et de coups rudes, et de grosses défaites et des premières désillusions. Le contraste le plus marquant sera les après midi respectives de Gabriel & Robin, aux étoiles contraires. Sonné d’entrée par des coups malheureux, Gabriel finira médaille autour du cou, tandis que Robin, sera injustement privée de la sienne suite à un arbitre étourdi trop émotif pour voir une riposte pourtant évidente à 5-4. Pleurs et déceptions comprises, l’apprentissage des jeunes escrimeur.ses, mais aussi des jeunes arbitres, vaut bien plus cher, que que leurs futurs classements.

les M11 Robin, Aidan, Otto, Eliot, Nils, & Gabriel
Tous réuni⋅es pour le dernier match du compagnon d’armes !

Les M11 ont croisé les “grands” avant à leur tour, de disputer leur parcours du combattant (2 tours de poule !). Tous pu apprécier, sans le savoir leurs derniers touches avant un moment! Leur bon comportement, à l’issue d’une longue après midi, a été très apprécié des Maîtres d’Armes, C’est davantage sur cette note d’optimiste et résolument tournée vers l’avenir, que sur un ton déjà nostalgique, que notre pépinière vous salue !

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Le monde entier a mis pause sur l’univers sport : Jeux Olympiques & Euro de football décalés, compétitions d’escrime reportées, évanouies, annulées… Le temps perdu est perdu, les armes du CEFC sont au placards, les appareils d’escrime dans les valises, mais pas notre histoires, en écriture perpétuelle. Confiné⋅es à domicile, on espère continuer à vous les transmettre le plus longtemps possible.

Thomas Fioretti

Cette article est dédié à l’ensemble de nos adhérent.es en ce début de période extrêmement particulière. Un grand merci à Brigitte Sombié pour les photographies qui ont accompagné cet article !

Sortie pédagogique à la Coupe du Monde d’Escrime (11.01.20)

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44 – 44 et victoire … de l’Italie (Challenge International de Paris 2017, épreuve par équipes, 22.01.17)

Le CEFC commence son année 2020 par une sortie de prestige, internationale… à Paris ! Samedi 11 janvier 2020 aura lieu le “CIP 2020” ou “CHALLENGE INTERNATIONAL DE PARIS“, Compétition international d’Escrime, au Fleuret masculin, comptant pour la Classement mondial FIE. La Compétition, organisée par la Fédération Française d’Escrime, sous l’égide de la Fédération Internationale d’Escrime, regroupe chaque année les meilleurs fleurettistes venus du monde entier. Ces champions de passage à Paris viennent se battre pour chercher un précieux sésame pour les Jeux Olympiques de Tokyo (9-24 août 2020).

Le CEFC propose une sortie pédagogique, samedi 11 janvier 2020, pour assister à cet événement. Les cours du samedi 11 n’auront donc pas lieu à Gambetta, mais nous invitons nos élèves à se rendre au stade, et à ses adhérent.e.s l’occasion de profiter à un grand spectacle de sport, afin d’y apprécier les assauts des champions. Nous souhaitons assister chaque année, depuis la création du club, à cette épreuve, une des plus prestigieuses du calendrier international et mettons en avant une chance exceptionnelle pour les jeunes escrimeur.se.s et les enfants d’aller voir, au plus près, les plus fines lames évoluer sur la piste ! Les escrimeurs de haut niveau, sont pour la plupart très disponibles, entre les matches, dans les allées du stade pour signer quelques autographes et partager une photo souvenir .

Vamos Espana !

Le CEFC propose chaque année cette sortie à but pédagogique, très précieuse pour notre Maître Eddy, qui a eu la chance d’y participer plusieurs fois, avec l’équipe cubaine de fleuret, dans les années 90. Le CEFC ira encourager tous les athlètes internationaux, à l’image de son état d’esprit, ouvert sur le monde et vers les autres, et viendra l’équipe de France d’Escrime mais aussi l’Espagnol Carlos LLAVADOR, médaillé de bronze au fleuret individuel lors des Championnats du Monde d’Escrime à Wuxi en 2018. Carlos, en lice pour obtenir une place aux JO, aura besoin de notre soutien et nous allons faire beaucoup de bruit pour l’encourager!

Pour en savoir plus sur l’esprit et l’ambiance de ce tournoi d’exception, nous vous invitons à consulter l’article de Thomas Fioretti consacré à l’épreuve (décembre 2018) https://cefc.fr/le-frisson-cip/
Programme et infos sur le site dédié à l’épreuve : https://evenementsescrime-ffe.fr/cip/

Programme de la sortie pédagogique :

Cette sortie concerne nos pratiquant.e.s aux enfants, jeunes et adoslescent.e.s du CEFC. Nous invitons toutes celles et ceux qui ne peuvent pas assister à la totalité de l’événement de nous rejoindre directement au stade Pierre de Coubertin pour profiter d’une partie de la compétition.

  • Départ du Collège Léon Gambetta (153 avenue Gambetta). Nous donnons rendez-vous à celles et ceux qui souhaitent se rendre en bus avec nous à devant la salle. Départ du bus à 9h
  • Arrivée au Stade Pierre de Coubertin à 10h et regroupement dans le hall d’entrée du Stade avec les accompagnatrices et accompagnateurs.
    Installation dans les gradins du stade. Le groupe CEFC assiste à la compétition (finale prévue à 17h)
  • Départ prévu autour de 18h du Stade Pierre de Coubertin après la finale

    Tarifs :
    Aller retour en bus + ticket d’entrée au stade : 10€
    Aller retour en bus + ticket d’entrée au stade + collation : 15 €
    Stock limité à 55 places – AU 09.01.2020 il reste 24 places dans le bus
    Inscription ci-dessous (règlement auprès de notre partenaire HelloAsso)
Propulsé par HelloAsso

Le Beau Danube Bleu

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À moins d’un an des Jeux Olympiques 2020 (Tokyo, 24 juillet – 9 août 2020), l’équipe de France d’Escrime a réalisé d’excellents mondiaux à Budapest en juillet dernier, marqués par les titres du fleurettiste Enzo Lefort, et des épéistes hommes. Dominés par la Russie, (7 médailles, 3 titres), ces épreuves ont été surtout le théâtre de matches extraordinaires, qui deviendront peut être un jour des classiques de l’escrime internationale.

la joie collective du clan tricolore après le succès d’Enzo Lefort au fleuret

Assez peu médiatisée, l’escrime a pourtant d’indéniables atouts à faire valoir. Sport de mouvement et de combat, l’extrême technicité, la rapidité gestuelle, ainsi que la complexité des règles, rendent la captation parfois difficile, et la lisibilité peu évidente pour le spectateur. Les initié.e.s, passent davantage temps à discuter l’interprétation des touches, qu’à en apprécier la qualité.

Nombreux.ses sont celles et ceux qui essaient d’en capter, sinon l’essence, la magie, la beauté, parfois la violence d’un combat armé, autrefois martial. La plupart de ces vidéos transmettent surtout l’image d’un ballet entre deux sportifs, lames virevoltantes et déplacements vifs, loin, très loin de notre pratique d’amateurs éclairés. D’une remarquable qualité promotionnelle, ces images esthétisantes de haut niveau, avec de sportifs de haut niveau, ne disent pas tout de la nature élémentaire du combat sportif : devoir marquer une touche de plus que l’adversaire en face de soi.

Escrime au ralenti (FIE Fencing Channel, Youtube)

De l’efficacité, l’équipe de France en a manqué lors de la première journée. Il s’en est fallu de peu que la jeune épéiste Coraline VItalis (24 ans) ne décroche la première médaille du groupe France, et sa première breloque mondiale. 5ème de l’épreuve, place exceptionnelle mais invisible, elle signe néanmoins le meilleur résultat bleu du jour. Le titre mondial est revenu à une autre habituée des pistes françaises, la représentante du Brésil Nahtalie Moellhausen, récompensée pour sa ténacité et son immense volonté.

Le lendemain, deux surprises frappent le clan tricolore, une bonne et une moins bonne : l’élimination cruelle de Yannick Borel en 1/4 de finale (5ème, comme sa compatriote Vitalis), est une déception pour le meilleur de nos épéistes. Les escrimeur.se.s français.es vont néanmoins connaître le bonheur d’ouvrir le compteur médaille avec l’argent, inattendu et remarquable, de la jeune fleurettiste francilienne Pauline Ranvier. Formée à Paris et licenciée au club de Melun Val-de-Seine, l’escrimeuse de 25 ans vit une journée de rêve après une qualification tranquille (5V sur 5 en poules). Après deux matches bien menés et accrochés contre Fanny Kreiss (Hongrie) et Yuka Ueno (Japon), Pauline Ranvier réalise une performance de choix en battant l’italienne Arianna Errigo, double championne du monde individuelle. Elle s’incline de peu, en finale, contre la grande Inna Deriglazova (Russie), qui remporte son 3ème titre mondial consécutif.

La dernière journée des épreuves individuelles va réserver des émotions folles : honneur aux dames avec la superbe victoire de l’Ukrainienne Olga Kharlan, qui elle aussi empoche sa 3ème couronne planétaire en individuel. La finale entre Kharlan et Sofia Velikaya (Russie) a sans doute été l’un des meilleurs moments de ces mondiaux, remarquablement organisés et mis en scène.

Cécilia Berder 6ème et Manon Brunet éliminée au tableau de 16, les derniers espoirs de titre reposaient sur les fleurettistes. La journée avait bien mal commencé pour eux, Le Péchoux et Mertine sortis au 1er tour, Pauty au tableau de 32. Restait le francilien Enzo Lefort. Très prometteur, le fleurettiste guadeloupéen avait signé à 22 ans son premier podium dans un grand championnat, à Kazan en 2014 (médaillé de bronze). D’abord poussif durant les deux premiers tours, Enzo va aller chercher son sacre en balayant le russe Zerebchenko (15 à 7) puis en ne faisant qu’une bouché du surprenant anglais Marcus Mepstead en finale (15 touches à 6). Lefort est le premier fleurettiste français titré depuis Philippe Omnès à Lyon en 1990, et obtient le premier grand titre individuel du fleuret national depuis l’or olympique de Brice Guyart aux J.O. d’Athènes en 2004. La portée de l’exploit, qui consacre un grand talent et un jeune homme valeureux, est rayonnant pour l’escrime française.

Interview (en anglais) du nouveau champion du monde de fleuret, le Français Enzo Lefort)

On ne pouvait pas ne pas dire un mot sur notre compagnon, notre ami, l’espagnol Carlos Llavador. Battu au tableau de 16 par le Hong Kongais Choi, il termine à la 11ème place. Désormais 27ème au classement FIE, il va devoir batailler pour obtenir son ticket olympique, mais le garçon a de la ressource et il lui est permis de rêver.

La joie d’un titre individuel est intense, mais les athlètes pourront le confirmer : rien ne remplace l’émotion collective d’une victoire par équipes. Le face à face de l’escrime, dans une discipline où l’individu, voire l’individualisme a une place importante, est pimenté lors des duels d’un “par équipes”. Très particuliers par leurs retournement de situation, ces matches révèlent les tempéraments et concentrent les émotions les plus fortes.

Les épreuves par équipes ont donné un relief supplémentaire a ces Championnats du Monde. Tous les trois disputées par une touche d’écart, la finale Italie-Russie, au fleuret féminin, l’intense Corée du Sud-Hongrie au sabre masculin et le dramatique final de Russie-Chine à l’épée dames, ces matches ont été parmi les finales les plus incroyables de ces dernières années. Destins contraires chez les escrimeuses russes, où Violetta Kolobova, héroïne malheureuse, vaincue à la mort subite, n’a pas connu l’immense bonheur de la dernière touche, ce qu’Inna Deriglazova aura l’occasion de faire, en portant l’estocade finale contre Elisa Di Francisca. L’athlète russe signe un retentissant doublé qui la classe très haut dans le palmarès mondial.

Côté bleu, les fleurettistes françaises ont manqué l’occasion de rapporter une 6ème médaille internationale, depuis le “chou blanc” des JO de Londres. Depuis 2012, les filles du fleuret sont très souvent montées sur la boîte (Bronze à Budapest en 2013, Argent à Kazan en 2014, Bronze à Moscou en 2015, Bronze à Rio en 2016, Bronze à Wuxi en 2018). Battues de deux touches, elles terminent au pied du podium.

Les épéistes hommes et les sabreuses ont connu des fortunes diverses en voulant gravir la dernière marche. Sacrées en Chine, Manon Brunet, Cécilia Berder, Charlotte Lembach et Caroline Queroli ont buté sur une impeccable équipe de Russie lors de la finale. Emmenés par Yannick Borel, les épéistes ont largement dominé la compétition et terminé le travail en finale contre l’Ukraine après 8 relais sur le fil (35-35 avant le dernier le relais). 10-2 et 3 minutes plus tard, Alexandre Bardenet, Ronan Gustin & Daniel Jerent portaient en triomphe le colosse de Pointe à Pitre.

Avec 2 titres et 3 médailles d’argent, la France se classe au 2ème rang mondial des nations. Dominatrice l’an passée, les transalpins ont marqué le pas, mais beaucoup “scoré” (aucun titre, mais 7 médailles de bronze). La Russie, 1ère nation mondiale, et la Corée du Sud (2 titres), ainsi que la Hongrie à domicile (1 titre, 3 médailles en tout) ont réussi leurs championnats. Tout ce beau monde a rendez-vous dès le mois de septembre et jusqu’en avril 2020, fin de la qualification olympique, et auront alors en ligne de mire la préparation les menant jusqu’à l’Olympe dans la capitale nipponne. Des bords du Danube jusqu’au soleil levant, le chemin est encore long, mais d’ici là, ça risque de barder…

Un petit aperçu des meilleurs moments des championnats du monde d’escrime. Tous les matches sont visibles sur la Chaîne Youtube de la Fédération internationale d’Escrime (FIE Fencing Channel)

Thomas Fioretti

Le frisson “CIP”

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Le 12 et 13 janvier 2019, aura lieu au Stade Pierre de Coubertin, le Challenge International de Paris, ou plus simplement appelé “CIP”. Cette épreuve faisant partie de la Coupe du Monde d’Escrime au fleuret hommes sénior est une date phare de l’escrime mondiale et parisienne. Pour le CEFC, il s’agit d’un rendez-vous pédagogique annuel immanquable. Éclairage sur un des plus prestigieux tournoi au monde !

Alessio Foconi affronte Giorgio Avola en 1/2 finale du CIP 2018 (Photo : Michel Escallier, Coubertin 2018)

Depuis 1953, la manche française de la Coupe du Monde de Fleuret se tient à Paris au Stade Pierre de Coubertin. Pour cause de travaux, l’épreuve avait été déplacée, pour l’édition 2013, à la Halle Carpentier. Le tournoi a vu et révélé les plus grands espoirs et les plus beaux talents de la discipline. De Christian D’Oriola, immense figure de l’escrime française, à Alessio Foconi, vainqueur l’an passé, puis champion du monde au fleuret quelques mois plus tard, les allées du stade de la Porte de St-Cloud ont vu défiler les étoiles et les plus fines lames. Souvent transcendés par le jeu “à domicile”, les tricolores s’y sont surpassés, à l’image d’Enzo Lefort (vainqueur en 2014) ou d’Erwan Le Péchoux, victorieux en 2011. L’image de l’entraîneur français de l’époque, Stéphane Marcellin, levant le bras du “petit bonhomme” sous les applaudissements du public, reste un des grands moments de son histoire récente. D’autre champions français ont également brillé à Paris, avant de toucher l’or olympique : Brice Guyart, jeune vainqueur en 2002, atteint l’Olympe à Athènes 2 ans plus tard. Philippe Omnès, double vainqueur (1986 & 1989), est sacré à Barcelone en 1992 avant de signer une ultime victoire en 1994 pour devenir co-recordman de l’épreuve.

Equipe national de fleuret Cuba 1998,Tournée de préparation européenne
Équipe nationale cubaine, 1998. De gauche à droite en haut : Eduardo Jons Aljoe, Rolando Tucker  León, Oscar García Peréz, Elvis Gil Gregory, Javier Garcia (Espagne) Leonel Baccallao. Assis, au premier rang : Raul Perojo Valdes, Eddy Patterson Betancourt (Photo : archives personnelles Eddy Patterson Betancourt)

Épreuve internationale, le CIP a pris pour habitude de parler de nombreuses langues pour féliciter les vainqueurs ! Les transalpins y ont pris leurs aises, surtout depuis 2000 (6 victoires, dont le doublé Andrea Baldini, un des fleurettistes le plus doués des années 2000); les étatsuniens sont devenus les “chouchous” du public d’aujourd’hui. Massialas (vainqueur en 2017) ou encore Race Imboden (double vainqueur en 2015-2016) et leur spectaculaire coéquipier Miles Chamley Watson, assurent désormais le “show”. D’autres “américains” vainqueur entre 1996 et 1999 ont confisqué l’épreuve en leur temps : ce sont les “années cubaines”, dont le point culminant reste le triplé de 1997 (Garcia vaiqueur devant Tucker, Gregory 3ème).

Un, dos, tres : 1. Garcia 2. Tucker 3. Gregory (Photo : Facebook FFE)

Installé en France après avoir porté pendant plus de 10 ans les couleurs cubaines, le CIP a toujours, eu auprès de notre Maître Eddy, une signification particulière. “Le CIP est un tournoi que j’adorais disputer. Les cubains étaient redoutables et redoutés. Oscar (Garcia) et Elvis (Gregory) étaient dans les 5 premiers mondiaux durant ces années… Ma meilleure performance en Coupe du Monde a été un “tableau de 16” (9ème place au final) à Paris. Mes partenaires d’entraînement avaient pris plusieurs fois toutes les places sur le podium, donc, on m’a un peu oublié!“.

Aujourd’hui, de très nombreuses nations sont représentées et les enfants pourront côtoyer de près, dans les allées et les gradins du stade, des athlètes de haut niveau venus du monde entier.

Les escrimeurs les plus titrés à Paris (3 victoires) : Jean Claude Magnan, Roger Closset, Bernard Talvard, Philippe Omnès.

Pour en savoir plus sur l’histoire du CIP, vous pouvez consulter cet article très complet sur le sujet: http://evenementsescrime-ffe.fr/cip/media-centre/histoire-du-cip/

Le tournoi, rebaptisé “Challenge International de Paris” a troqué son intitulé à plusieurs reprises (Challenge Martini, puis brièvement “Brut de Fabergé”). Il a également changé de statut : longtemps classé “Grand Prix FIE” il a été rétrogradé “Coupe du Monde” il y a quelques années. Pourtant, la compétition n’a jamais perdu de son prestige : les meilleurs ne manquent le rendez-vous pour rien au monde; l’organisation sportive est exceptionnelle. Les points attribués pour le classement mondial en individuel, ainsi que l’épreuve par équipes disputée le dimanche donnent à l’ensemble du week-end une saveur particulière. On sent que les athlètes aiment venir en France et particulièrement à Paris ! Le public de la capitale, lui, ne se montre pas toujours à la hauteur : copieusement sifflés l’an passée, l’équipe et les escrimeurs italiens y ont injustement vécu l’enfer. Le champion olympique Daniele Garozzo est allé jusqu’à porter le doigt à son oreille pour la montrer au public, sous les huées des gradins. Il fallait se boucher les oreilles pour ne pas entendre un tel déferlement de chauvinisme – car, sportivement, il n’y avait rien à dire sur l’excellente performance de la “Squadra”

Revivez La finale individuelle du CIP 2018 : à gauche Daniele Garozzo (Italie), champion olympique 2016 à Rio, à droite Alessio Foconi (Italie), champion du monde 2018 à Wuxi.

Au début de l’hiver, les rivalités internationales font souvent monter la température : les matches France-Italie, bien sûr, mais l’on se souvient d’un récent USA-Italie gagné sur le fil par la “Team America” dans une ambiance houleuse entre les tireurs. La grande rivalité entre Elvis Gregory et Serguei Golubitsky, arbitrée par les français, ont marqué les spectateurs les plus attentifs.

Du côté des coulisses, les bénévoles et organisateurs, s’activent pour que tout soit prêt dès le vendredi matin ! La compétition commence aux aurores, au contrôle technique, puis dans sa première phase de poules pour tous les escrimeurs classés au delà de 16ème place du classement mondial FIE. Disputés dans les salles annexes dans des ambiances parfois extraordinaires, ces matches échappent à la “grande” histoire du CIP. Pour certains escrimeurs, passer par les qualifications pour atteindre le tableau final peut constituer le sommet d’une carrière sportive. Pour d’autres, il s’agit d’un chemin de croix et d’un tremplin; ce fut longtemps le cas de notre ami Carlos Llavador, battu lors de la journée des “anonymes”, 15-14 par le Français Jean Paul Tony Helissey en 2015.

Échauffement des athlètes, salle annexe du CIP, Stade de Coubertin (Photo : Michel Escallier, Coubertin 2018)

Aujourd’hui, le tournoi est pour le CEFC une sortie à la fois professionnelle, pédagogique et événementielle. Pour les maître.sse.s, il s’agit de prendre le plus d’informations possibles sur les techniques appliquées au plus haut niveau; Pour nos élèves, il s’agit d’une véritable leçon “live”, un cours grandeur nature. Une fois installés dans les tribunes, les encadrant.e.s du CEFC se proposent ainsi d’approfondir les règles et d’en enseigner les rudiments aux parents des jeunes, (et pourquoi pas susciter certaines vocations!). Entre les assauts, les champions d’escrime, disponibles, sont abordés de manière simple par les enfants et les jeunes. Nous insistons sur le rôle de modèle, technique, mais surtout humain, que les athlètes portent auprès des plus jeunes d’entre nous. Enzo Lefort, Andrea Baldini, par leur classe ou leur simplicité, ou, plus proche des jeunes “franco-cubains”, les instants partagés avec l’international espagnol Carlos Llavador, ont laissé de très grands souvenirs auprès de nos licencié.e.s.
En janvier 2016, la jeune Cécile François, alors parmi les 2 meilleures benjamines de Paris avait eu l’honneur de tirer sur la piste centrale en match de gala ! Les membres du CEFC présent.e.s dans les gradins l’avaient bruyamment et chaleureusement encouragé, créant un nouveau lien, une nouvelle histoire entre l’épreuve et notre club.

Carlos Llavador Fernández (Photo : Rafa de Pazos /For de fun of it)

Cette édition sera l’occasion de revoir et soutenir notre compagnon d’armes Carlos Llavador. Médaillé de bronze aux derniers championnats du monde d’escrime en juillet dernier à Wuxi (Chine), le madrilène se sait attendu. Au cours sa carrière, le jeune homme a eu plusieurs déclics. Le tonnerre d’applaudissement venu de nos rangs après sa superbe victoire 15-14 l’an passé au tableau de 64 contre Francesco Trani, l’avait porté jusqu’au bout. Son passage en septembre dernier, à l’occasion de la Fête du Sport, avait impressionné nos plus petit.e.s et nos jeunes : champion et modeste, performant et généreux, sérieux et souriant. Une telle figure de sportivité porte les valeurs de l’escrime bien au delà des drapeaux et des frontières.

Thomas Fioretti

Crédits photographiques : Michel Escallier (avec son aimable autorisation), Facebook FFE, Rafa de Pazos
Tout sur l’événement, le site dédié à l’épreuve :
http://evenementsescrime-ffe.fr/cip/

Championnats du Monde d’Escrime – Wuxi (CHINE) 19-27 juillet 2018

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Les championnats du monde d’escrime 2018 de Wuxi (Chine, du 19 au 27 juillet 2018) ont confirmé la nette tendance vue à Leipzig l’an dernier : l’Italie est la nation dominante de l’escrime mondiale. Sifflés à Coubertin en janvier dernier, les fleurettistes transalpins ont parachevé leur triomphe en remportant le dernier titre en jeu au fleuret hommes par équipes (7 médailles au total, dont 4 titres). Les français, auteurs d’un bilan honorable (4 médailles, dont 2 titres), ont vu briller Yannick Borel, les fleurettistes dames et les sabreuses. Pour nous, c’est le moment de dresser notre top 5 des mondiaux :

Les sabreuses françaises sur le toit du monde.

L’an dernier, on avait quitté l’équipe de France de sabre dames sur un moment d’intense émotion : sur la piste de Leipzig, les 4 participantes de la petite finale, n’avaient pas oublié leur amie blessée Sara Balzer, qui faisait initialement partie de l’équipe. Les escrimeuses l’avaient invité sur la piste, et s’étaient toutes réunies, pour montrer au monde leur solidarité à toute épreuve. En finale, Caroline Queroli, Charlotte Lembach, Cécilia Berder & Manon Brunet, sont allées chercher contre les Russes (Egorian, Velikaia, Sheveleva et la toute nouvelle championne du monde Podzniakova) leur plus belle performance. C’est le premier titre féminin au sabre depuis 2007. Avec la jeunesse de l’équipe (Brunet et Queroli ont respectivement 22 et 20 ans) mêlée à l’expérience et le talent de Berder et Lembach, l’avenir de cette équipe s’annonce radieux.

Carlos Llavador : une médaille espagnole historique

On a déjà tout dit, ou presque, sur l’émotion que nous a procuré notre ami fleurettiste espagnol Carlos Llavador. Son talent, observé par les amateurs, a explosé et débordé des écrans le 24 juillet 2018 à Wuxi. En demi-finale, le madrilène se permet une première touche spectaculaire contre le Britannique Richard Kruse, finalement battu en finale par l’italien Alessio Foconi. Ce panache a permis au jeune licencié du club italien de Frascati d’atteindre la 13ème place du classement FIE, et d’apporter à l’Espagne sa première médaille internationale le depuis 10 ans, la première au fleuret depuis 23 ans.

Yannick Borel double la mise

Si, ni les dames, ni les équipes n’ont touché de métal (les garçons 4ème, les filles 5ème), l’épée tricolore a un représentant de classe, en la personne de Yannick Borel. Le Guadeloupéen a eu deux assauts rudes pour accéder au dernier carré (15-14 par deux fois, contre l’israélien Beskin, et le japonais Kano), avant de dérouler en demi finale contre le kazakh Alexanin (15-5), puis en finale contre le champion olympique de Londres Ruben Limardo (15-4). Après l’or et son 3ème titre européen à Novi Sad, Borel double la mise avec cette victoire qui le place à nouveau tout en haut du classement mondial.

Les dames du fleuret français au rendez vous!


Coup de chapeau à Ysaora Thibus, qui grimpe une nouvelle marche après son bronze mondial à Leipzig l’an dernier : elle est désormais vice championne du monde au fleuret, battue de peu par Alice Volpi -qui rafle au passage son premier grand titre international. La tricolore a réussi l’exploit de ces championnats en sortant en 1/4 de finale l’invincible’ Inna Deriglazova. Désormais entraînée aux États-Unis par l’ancien champion ukrainien Serguei Golubistki, la française a ramené une deuxième médaille de Wuxi, du bronze, avec les filles de l’équipe de France (Astrid Guyart, Pauline Ranvier, Anita Blaze). C’est par ailleurs, la 5ème médaille internationale remportée depuis 2013 et les Championnats du Monde de Budapest. Une régularité exceptionnelle qui méritait d’être soulignée.

La magie italienne


La Nazionale est revenue auréolée de 4 titres majeurs de Chine. L’italienne Mara Navarria a remporté son premier titre à l’épée. Au sabre masculin, il a fallu une immense équipe sud-coréenne pour les priver du sacre. Quant au fleuret, les américaines ont empêché les transalpins de faire un “carré d’as” (3 titres sur 4 avec les titres de Foconi et Volpi). Les fleurettistes (Daniele Garozzo, Andrea Cassara, Alessio Foconi & Giorgo Avola) ont fait parler leur puissance et leur détermination contre une équipe étasunienne légèrement en dedans. Un an après avoir dominé les mondiaux l’an dernier (4 médailles d’or, 9 en tout), la squadra confirme son excellence, avec les jeux de Tokyo en point de mire.

Thomas Fioretti

Captures d’écran Youtube :
FIE Fencing Channel 
Fédération Française d’Escrime.

Enhorabuena Carlos !

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Les 66ème championnats du monde d’escrime viennent de s’achever vendredi 27 juillet à Wuxi sur le triomphe des Transalpins au fleuret par équipes. Un homme, l’un de nos fidèles amis, a marqué ces épreuves grâce à une performance historique pour son pays : Carlos Llavador, 3ème au fleuret. Il rapporte à l’Espagne sa première médaille individuelle depuis 2008 (José Luis Abajo, 3ème à l’épée aux Jeux de Pékin) et la deuxième au fleuret depuis 1995 et l’argent de Juan Francisco Guerra aux Mondiaux de La Haye en 1995. Un authentique exploit pour ce compagnon de route du CEFC.

“Mon cher Carlos,

Nos routes se sont croisées pour la première fois lors de la saison 2011-2012, où un coup de fil de ton “président-champion” Manuel Pereira1 au Maître Eddy, a annoncé la visite de l’équipe d’Espagne du fleuret de passage en France. Nous étions loin de penser à cet instant qu’une amitié durable et un lien très fort te lierait au CEFC. Le Maître avait alors décidé de te concocter un programme d’entraînement au CEFC et dans des salles d’amis pour que votre semaine se passe bien. Hasard, il fallait quelqu’un pour t’héberger et j’ai accepté volontiers la mission. Durant cette semaine, j’ai découvert un jeune homme attachant et discret, respectueux des autres; moi ne parlant pas espagnol, toi pas encore bien français (il faut qu’on progresse !), et nous arrivions, entre escrimeurs, à nous comprendre.

L’histoire avec le CEFC aurait pu s’en tenir à ce séjour sportif de courtoisie, si nous n’avions pas à nouveau croisé ton chemin lors d’éliminatoires ratés du CIP lors de la saison suivante. Nous te proposons alors de participer aux circuits nationaux français lorsque tu le pouvais.

 

Carlos Llavador, champion de Paris 2014, en compagnie du Maître Eddy Patterson

En avril 2014, malgré une chute à vélo l’avant veille de ton départ au CEFC, tu deviens Champion de Paris. Une péripétie dans ton parcours de haut niveau, un trésor pour notre “petit” club. Une fois de plus, j’ai l’honneur de t’accueillir une semaine, et nous apprenons davantage à nous connaître. Je me souviens particulièrement de ton désarroi après une rude défaite contre celui que tu admires, l’italien Andrea Baldini, au tableau de 16 du Challenge Revenu à Melun. Tu es encore “petit”, toi aussi, à ce moment-là sur la scène internationale, mais tu m’impressionnes. D’ailleurs, tu nous impressionnes tous par ta vivacité sur la piste, et ton fair-play, ta gentillesse, et ton humilité en dehors.

En janvier 2015, tu viens à nouveau signer, pour le CEFC, un nouveau tableau de 16 à l’Open Antony. L’échec du CIP 2015, une compétition qui t’a longtemps fui, nous touche, mais ne t’abat pas. Tu signes en fin de saison, coup sur coup, deux performances majeures en ramenant le bronze européen en U23 de Vicenza, puis en sénior à Montreux. La chance, diront certains2 . Pour nous, elle n’a rien à voir là dedans.

Confirmer après une telle performance prend du temps. Le temps de prendre des claques, comme celle du CIP 2016, où tu t’inclines lors du dernier tour de qualification, sous le regard de tout le staff français, dans la salle annexe de Coubertin, contre un grand Jean-Paul Tony Helissey 15-14. C’est un coup dur, une fois de plus, et le grand tableau t’échappe. Nos licenciés, le lendemain, demanderont tous “Où est Carlos?”, preuve que la réputation du champion au sein du club n’est plus à faire. Mais l’échec le plus difficile va arriver au mois d’avril, où tu manques la qualification olympique au tournoi de Prague. C’est le moment de prendre une décision forte et de partir par la suite, t’entraîner en Italie, au côté de Garozzo, et d’autres grands champions. Un choix courageux qui te donne aujourd’hui raison dans le projet sportif et sur la feuille de route que tu t’es fixé.

C’est lors du CIP 2018, que tu réalises, sous les encouragements vifs du CEFC, ta meilleure performance à Paris. Nous avons tous été touchés par ta disponibilité, auprès des enfants notamment, entre deux assauts. Ce samedi, nous avons encore en mémoire ta victoire mémorable contre Trani 15-14, pour pouvoir affronter une vieille connaissance au tableau de 32, l’anglais Richard Kruse. Tiens donc, ce même Kruse que tu bats aux “Europe” pour accéder au bronze en 2015. Toujours Kruse sur ta route, lors de la coupe du monde d’Anaheim, où tu signes un probant tableau de 16. Un autre grand résultat à Shangai, un 1/4 de finale en Grand Prix, te laisse aux portes du podium, mais annonce l’étoile à venir.

Longtemps attendue, cette performance, tu la réalises encore en Asie, le 21 juillet 2018 à Wuxi3. Après un tableau impeccable, où tu bats deux médaillés mondiaux et olympiques redoutables (le japonais Saito & le russe Safin), le match du 1/4, est une libération : contre l’italien Giorgio Avola. Toi, “l’italien”, le faux-frère, prive de la médaille l’un des piliers de la “Squadra”, la nation qui va dominer ces championnats du monde, une fois de plus. La demi-finale place à nouveau sur ta route le grand Richard Kruse, qui cette fois ci gagne la partie. Ce bronze est non seulement une récompense méritée, au vu de tes efforts et de tes sacrifices, mais une leçon pour tous. Tu t’inscris dans l’histoire sportive de ton pays, et tu vas certainement susciter de nombreuses vocations. Mais cette médaille vient montrer une nouvelle fois, les bienfaits de l’ouverture aux autres sur le plan international. Ton passage remarqué, en France, puis en Italie, t’a lié d’amitié avec certaines personnes, et transcende le simple nationalisme sportif, celui qui consiste à se ranger derrière un drapeau pour simplement supporter les siens. Tu es un escrimeur espagnol, bien sûr, et tu ne l’as jamais oublié, ce qui ne t’empêche pas d’apprendre de l’escrime internationale, cubaine, française et évidemment italienne et espagnole. Et nous de te supporter et d’espérer que tu ailles au bout de ton projet olympique. Nous te renouvelons notre soutien et te considérons comme un vrai frère d’armes.

Crois moi, mon ami, en conservant ta modestie et tes ambitions : le meilleur reste à venir.

Amitiés,

Thomas Fioretti.

 

1. Président de la RFE EsgrimaManuel Pereira a été sacré champion du monde à l’épée à Denver en 1989
2. Sur la page wikipédia française il est indiqué que Carlos a bénéficié d’un tableau “assez clément”, sous entendant par là qu’il est arrivé à la médaille sur un quasi-malentendu…
3. Pour voir ou revoir la demi finale de Carlos https://www.youtube.com/watch?v=eaps5bn10Vw

Championnats du Monde d’Escrime – Leipzig 19/26 juillet 2017

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Leipzig accueille en ce moment les Mondiaux d’Escrime, où les équipes de France espèrent briller.

Les Championnats du Monde d’Escrime ont débuté hier avec les qualifications du fleuret dames, du sabre hommes, et de l’épée hommes. Aujourd’hui ont lieu les qualifications à l’épée et au sabre dames, ainsi qu’au fleuret masculin. Les épreuves individuelles finales auront lieu les 21, 22, et 23 juillet. Du 24 au 26 auront lieu les épreuves par équipes.

Vous pouvez suivre l’intégralité des compétitions sur la chaîne Youtube de la Fédération Internationale d’Escrime : https://www.youtube.com/user/FIEvideo

Vous pouvez également suivre en continu les résultats sur http://www.fencingworldwide.com/fr/competition/13263-16/tournament/

Pour en savoir plus :

http://www.fechten2017.de/welcome.html?L=1 (site officiel)

http://www.escrime-ffe.fr/competitons-monde/direction-leipzig-pour-les-championnats-du-monde

Carlos se montre à Montreux, Ivan brille à Baku

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Podium au fleuret: Daniele Garrozo, Andrea Cassarà, Carlos Llavador, Edoardo Luperi

Nos amis hispanophones ont brillé au mois de juin : Carlos LLavador, licencié au C.E.F.C., a créé la sensation en obtenant son premier podium européen à Montreux (Suisse). Notre grand ami Ivan Trevejo s’est quant à lui imposé dans l’épreuve individuelle aux 1ers Jeux Européens à Baku (Azerbaïdjan). Pour récidiver deux jours plus tard par équipe !

7 juin, fin de l’après midi, je rentre exténué des cours d’Escrime dispensés aux enfants du C.E.F.C.. Je reçois régulièrement des nouvelles de Vichy, où Eddy entraîne ses jeunes parisiens, au critérium national minimes, la “Fête des Jeunes”. Notre week-end surchargé s’accompagne de bonnes nouvelles venues de Suisse, où se déroulent les Championnats d’Europe Séniors d’Escrime. SMS d’Eddy: “Carlos est en demi-finale“. Je me jette alors sur les résultats et retrace le parcours admirable du jeune madrilène. Après 3 victoires en poules, Carlos expédie facilement ses deux premiers tours (15-5 contre le Hongrois Dosa, 15-5 contre l’Ukrainien Yunes, qui l’avait battu au tableau de 16 à Strasbourg). Au tableau de 16, il bat le croate Ivan Komsic 15-9. Son chef d’oeuvre intervient en 1/4 de finale où il vient à bout du solide Richard Kruse sur le score de 15 touches à 10. Assuré d’être médaillé, il a fort à faire dans le dernier carré, puisqu’ Andrea Cassarà, ex-numéro 1 mondial, champion du monde en 2011 à Catane, se dresse sur sa route. Après un début de match manqué (5-0), Carlos fait bonne figure pour finalement s’incliner 15-10.

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Carlos et sa médaille de bronze

De bon augure pour la suite, et notamment en vue du nouveau classement FIE, où notre jeune gaucher pointe désormais au 53ème rang ! Le rendez-vous est pris pour le 15 juillet prochain, début des épreuves individuelles de fleuret des Championnats du Monde d’Escrime à Moscou. On suivra les aventures de notre champion ‘intenacional’ du C.E.F.C. !

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(Twitter : Carlos Llavador @llava1)

Il convient également de tirer un grand coup de chapeau aux équipes de France, désormais 3ème nation européenne derrière les intouchables Russie (9 médailles, dont 3 d’or) & Italie (10 médailles, dont 3 d’or). La “Team France” obtient 3 médailles d’or, grâce aux succès de Gauthier Grumier à l’épée, ainsi qu’aux victoires finales, par équipes, des fleurettistes (Jérémy Cadot, Enzo Lefort, Erwann Le Péchoux & Julien Mertine) contre la Russie (45-35) et des épéistes (Ronan Gustin, Gauthier Grumier, Daniel Jérent, Ulrich Robeiri) contre l’Estonie (45-32). Le sabre féminin a également été très performant: emmenées par Charlotte Lembach, finaliste en individuel (battue de justesse 15-14 dans une finale épique contre Vélikaïa), les filles ont accroché la finale, perdue contre des Russes brillantes et une Sofia Velikaïa des grands jours, de retour au plus haut niveau. Charlotte Lembach a du laisser sa place en demi-finale à la remplaçante Saoussen Boudiaf, qui a terminé le travail de ses coéquipières Cécilia Berder & Manon Brunet. Enfin, la dernière médaille est arrivé grâce à la super équipe des fleurettistes dames, Anita Blaze, Astrid Guyart, Pauline Ranvier Ysaora Thibus. Battues par l’Italie en demi-finale (45-36), les bleues ont surclassé les Allemandes (45-28) pour obtenir une belle médaille de bronze. On espère que nos équipes répèteront leurs gammes (et ces bons résultats!) au niveau mondial en juillet à Moscou, avant de lancer une saison décisive, dont le point d’orgue sera l’Amérique du Sud, et les Jeux Olympiques de Rio.

Du côté de Baku, où avaient lieu les premiers Jeux Européens, les français ont également brillé. Au fleuret, Jean-Paul Tony Helissey s’est paré de bronze, tout comme la junior Margaux Rifkiss au sabre. Les filles ont ramené une très belle médaille d’argent au fleuret (Gaëlle Gebet, Julie Huin, Chloé Jubénot, Jéromine Mpah Njanga). La moisson s’est faite à l’épée, où Daniel Jérent, fraîchement revenu du titre européen, a obtenu le bronze en individuel, puis l’or avec ses camarades Yannick Borel, Ronan Gustin & l’inusable Franco-Cubain Ivan Trevejo.

Le talent n’est pas une question d’âge. Ivan le prouve de semaine en semaine depuis son intégration en équipe de France il y a désormais 3 ans. On peut à peine parler de “deuxième carrière” pour le vice-champion olympique d’Atlanta, tant son envie n’a jamais fléchi, tant son désir de victoire est toujours intact après toutes ces années passées sur les pistes. En finale, le russe Khodos ne lui oppose pas plus de résistance que la plupart de ses adversaires (victoire 15-8). La “vraie” finale avait eu lieu en demis, contre son coéquipier Daniel Jérent (15-10).  Lors de la touche finale lui donnant le titre, Ivan s’est retourné, incrédule vers l’entraîneur national Hugues Obry. Oui, le “maestro” est toujours là; oui, il remporte son premier titre majeur depuis sa naturalisation; oui, il reste à 100% dans la course Olympique. Le talent n’a pas d’âge, disions nous, avec Trevejo, il ne disparaîtra jamais.

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Ivan Trevejo remporte la finale ! #Baku2015EuropeanGames (capture d’écran: lequipe21)

Razzia bleue

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Doublé au “Monal” (désormais Challenge SNCF Réseau), victoire des sabreuses à Pékin, podium pour les épéistes bleues à Johanesburg, 3ème place de Vincent Simon au Grand Prix de Saint-Petersbourg au fleuret.

 

Pas trop matinaux, Eddy & moi débarquons sur le coup de 11h Vendredi au stade Pierre de Coubertin suivre les premiers pas d’Ivan Trevejo, toujours vert dans sa 44ème année. A peine le temps de voir notre champion s’excuser d’y être allé un peu fort sur une touche portée à la clavicule de son adversaire américain, pousser un ou deux cris, que l’affaire est déjà bouclée pour les qualifications. C’est net et sans bavure:  deux “bagels” (5-0), et 6 victoires. Le Franco-Cubain termine n°1 après le classement des poules et se qualifie directement pour le tableau de 64 du lendemain. Décontracté et disponible, comme à son habitude, il trouve le temps de bavarder entre deux assauts, et nous prendre la température de l’évènement. Plus de 350 tireurs sont présents pour cette épreuve toujours très réputée et appréciée des tireurs, bien qu’elle ait perdue, comme le C.I.P. Fleuret, son appellation de “Grand Prix F.I.E.”. On sent qu’Ivan veut y jouer la gagne, mais la route est longue: c’est la fameuse “voie vers Rio”, signalée sur l’affiche par les étapes mondiales façon station de métro, pour aller jusqu’aux Jeux Olympiques brésiliens. Le ‘Monal’ est là où tout commence pour nos fines lames françaises de l’épée.

 

Les plus costauds d’entre eux passent cette première journée sans encombre. Mais pas Hypolite Bouillot, récent champion du monde junior à Tashkent, pour ses débuts chez les “grands”. Les champions du monde de Kazan (Lucenay, Jérent, Robeiri, Grumier) sont là; Ivan bien sûr, et puis les confirmations de cette saison (Gustin, Fonson, Marchal). Et puis, il y a parmi les qualifiés bleus, un ancien finaliste qui s’est (un peu) fait oublier : Alexandre Blaszyck, jusqu’alors en manque de résultats. Il y a deux ans, dans l’écrin du Carrousel du Louvre, il s’était retrouvé à 14-14 contre son coéquipier Daniel Jérent. Blaszyck avait touché mais l’arbitre avait annulé le point. Le grand Alexandre (1m97!) avait ruminé longtemps cette déception. Obry l’a d’ailleurs récemment titillé en déclarant publiquement qu’il pourrait passer à côté d’une grande carrière.
Après son premier tour géré tranquillement géré, (victoire 15-7 contre l’Ukrainien Herey), Ivan devait faire face au Suisse Fabian Kauter au t.32. Un adversaire qu’il connait bien, et qu’il a battu un mois auparavant au GP de Budapest. L’helvète, revanchard, n’hésite pas à afficher publiquement son envie d’en découdre.

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Source : https://twitter.com/FabianKauter/status/594433629608087553

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Le match démarre mal (0-3) pour Ivan, trop pressé de toucher en première intention. Kauter maîtrise, pare, contre-attaque, joue sur sa tonicité et ses qualités explosives. Petit, il sait qu’elles sont ses principales armes, bien aidé par une main en or. Défait sur le score de 15-8, Ivan quitte la compétition avec les honneurs; déçu mais pas abattu d’avoir trébuché sur la première marche. On l’a dit: la route vers l’Amérique du Sud est encore bien longue.

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Ivan Trevejo, avec Maître Eddy Patterson (à droite) & Thomas Fioretti (au centre)

Avant de partir, il est temps de poser avec le champion, à qui je précise qu’on entretient vivement sa légende parmi et autour de nous, au club et ailleurs. L’aventure continue, suerte Ivan !

Kauter élimine au tour suivant un autre français, le champion du monde Ulrich Robeiri, hélas pas dans une forme étincelante. Le match France-Suisse, grand classique à l’épée, se poursuit sur les pistes voisines avec la victoire “caliente” d’Erwann Fonson à la mort subite contre Benjamin Steffen, dans ce qui restera un ‘must’ de cette édition 2015.
Blaszyck toujours en lice, les Bleus voient perdre en route précocement Gustin & Marchal, puis Grumier, battu par le surprenant gaucher Tourchine (32 ans, 52ème mondial), futur demi-finaliste après un non-match absolu contre son compatriote Avdeev, conclu sur le score de 4-3 à la mort subite après 3 passivités… Après un joli parcours, dont un énorme assaut contre Jorg Fiedler (ancien vainqueur du Monal), Lucenay s’incline en ¼ contre le roublard Gabor Boczko, victorieux en 2007. Blaszyck, toujours très impressionnant s’invite dans le dernier carré! Et le show ne fait que commencer….

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Son et lumière à Coubertin : L’escrime et l’épée brillent

Après un intermède ‘samba & carioca’ pour rendre hommage au futur pays hôte des jeux, les organisateurs ont misé sur une mise en scène spectaculaire mettant en avant les athlètes sur la piste principale. C’est à la fois beau, intime et tendu, feutré et intimidant. Dans cette ambiance réunissant spectacle et compétition, Alexandre Blaszyck est éblouissant. Il livre en demi-finale (15-8 face à l’italien Paolo Pizzo, un des tireurs les plus impressionnants ce jour-là) et en finale contre Boczko (15-9) deux partitions magistrales, effaçant le douloureux souvenir de 2013. “C’est plus beau qu’un titre mondial!” déclarera t-il après son triomphe. Et si il vérifiait en juillet prochain en allant décrocher l’or à Moscou (Mondiaux d’Escrime du 13 au 19 Juillet)?

 

Le lendemain, l’équipe, composée de Daniel Jérent, Ulrich Robeiri, Ronan Gustin & Gauthier Grumier, triomphe de l’Allemagne en finale. Le week-end de rêve se complète alors : à Pékin, les sabreuses,  pourtant privée de Charlotte Lembach, blessée,  s’imposent contre l’Ukraine d’Olga Kharlan en finale. Défaillantes en individuel, les épéistes Lauren Rembi, Auriane Mallo, Maureen Nisima & Marie Florence Candassamy, décrochent un joli podium en Afrique du Sud. Quant à nos fleurettistes, toujours très réguliers, c’est cette fois ci Vincent Simon qui sort du lot en allant chercher la 3ème place à St Pétersbourg. On espère que la dynamique se prolongera dans la capitale russe cet été.

Coupe du monde – Challenge International de Paris (17 & 18 Janvier)

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Carlos-Llavador-CN-AnthonyUne semaine après un bon résultat à l’Open d’Antony, notre champion ibère a vécu une désillusion aux qualifications du Challenge International de Paris. Il quitte la compétition dès le vendredi à l’issue du tour de poules, et après n’avoir accroché qu’une seule victoire. Pour Eddy et moi venus le soutenir, la journée du vendredi est difficile à vivre: dès l’échauffement et dès les touches inaugurales, les sensations de notre champion ne semblent pas excellentes. Les premiers assaults, très accrochés, ne tournent pas dans le bon sens pour le n°1 espagnol; les défaites s’enchaînent, inéluctablement. Orgueilleux, le champion arrache son dernier match pour l’honneur (victoire contre Moritz Hinterseer). Espérons pour lui une meilleure issue lors du Löwe Van Bonn (6-8 février 2015), prochaine étape mondiale, afin de laver cette déception.

Côté Bleu, Enzo Lefort n’a certes pas réédité son exploit de l’an dernier, et ne devient pas le 1er double vainqueur depuis l’allemand Benjamin Kleibrink (2006-2007). Mais en se hissant jusqu’en ½ finale, Enzo confirme qu’il reste le n°1 du fleuret français et la meilleure chance de médaille tricolore dans un grand championnat.

Ce week-end à Coubertin a surtout vu la confirmation de l’installation définitive comme ‘cadors’ des fleurettistes américains. Ce n’est désormais plus une surprise: les “4 fantastiques” Gerek Meinhart, Miles Chamley-Watson, Alexandre Massialas, & Race Imboden (vainqueur de l’individuelle en battant en finale le surprenant italien Daniele Garozzo) font partie des toutes meilleures équipes au monde. Les étatsuniens font coup double en remportant les deux compétitions en jeu, en triomphant de l’italie lors de la finale de dimanche sur le score de 45 touches à 44.

En savoir plus : http://evenementsescrime-ffe.fr/cip

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