Challenge relevé & réussi !

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Le CEFC organisait sa sortie pédagogique annuelle à la Coupe du Monde de Fleuret Hommes Séniors, le Challenge International de Paris, qui s’est déroulé du 10 au 12 janvier 2020 au Stade Pierre de Coubertin (Paris 16ème). Un groupe de 50 adhéren.t.e.s, encadrant.e.s et bénévoles du club a assisté à l’intégralité de l’épreuve individuelle du samedi. Matches d’anthologie, chasse aux signatures et “selfie” avec les athlètes, animations sabre laser et ambiance festive dans les gradins : tout était réuni pour passer un bon moment “franco-cubain”.

  • La journée des CEFC : restons groupés !

Samedi 8h45, Collège Gambetta : horaire inhabituel de rendez vous pour les jeunes escrimeur.se.s de la pépinière du CEFC, qui arrivent au compte goutte pour le départ de la salle d’armes jusqu’au stade Pierre de Coubertin. Tout le monde est au rendez-vous, même les lève-tard… de la catégorie M17 ;). Toujours en garde, le CEFC avait choisi d’emmener ses troupes en bus jusqu’à la porte de St Cloud. Le temps de compter tout le monde, et c’est parti, dès 9h pour une très longue mais riche journée de sport, de spectacle et d’animations diverses.

L’arrivée une bonne demi heure plus tard au stade est une première occasion , avant distribution des billets d’entrée, de prendre un instant de pose pour une photo souvenir du groupe !

les jeunes du CEFC prêt.e.s à assister à l’épreuve !

Arrivés au stade, notre choix se porte sur la piste jaune, dont les gradins sont moins fréquentés (puis vite rempli dès l’arrivée des français sur la piste !), dû notamment, à la présence sur la piste verte du Champion du Monde de fleuret Enzo Lefort, ou de l’inoxydable Erwann Le Péchoux, escrimeurs français très populaires auprès du public. J’avais insisté au début de la matinée, sur l’aspect international de l’épreuve et demandé aux élèves du CEFC de respecter avant tout l’escrime plutôt qu’un drapeau. Libres à eux, s’ils ou elles le désiraient d’admirer la vitesse des coréens, la belle pointe de Julien Mertine , l’aisance de l’américain Race Imboden, la justesse technique de l’italien Daniele Garozzo ou des tireurs russes… Les styles et écoles se conjuguent aux personnalités, tantôt exubérantes, tantôt en contrôle ou en nerfs, des fines lames venues du monde entier.

Début de match entre Maxime Pauty (FRA) et Daniele Garozzo (ITA) au tableau de 8

La compétition “à la maison”, pour l’équipe de France de fleuret fait le charme et le sel du “CIP”. Il n’y avait plus un siège vide pour assister au spectacle des victoires des franciliens Maxime Pauty au tableau de 32 (vainqueur 15-12 de l’américain Meinhardt) et Tom Voltz au tour précédent (victorieux du sud-coréen Lee Kwanghyun). Les “potos”, la famille et les précieux soutiens ont l’occasion d’y faire le déplacement et beaucoup de bruit depuis les tribunes. Dans le grand bain de l’escrime française et internationale, de plus jeunes escrimeurs sont lancés dans l’arène pour une revue d’effectif, et une prospection sur l’avenir. Mention particulière au brillant parcours du Lyonnais Paul-Antoine de Belval, survivant de la rude journée du vendredi et battu par le futur médaillé de bronze de l’édition 2020, Enzo Lefort. Auteur d’une remarquable journée, le n°1 français et désormais n°2 mondial élimine deux camarades d’entraînement, Julien Mertine d’abord, sans solution (battu 15-3 au tableau de 16) et sort in-extremis d’un duel de feu avec Erwann Le Péchoux (15-14). Seule l’Italie placera plus de représentants dans le tableau de 16, avec 4 fleurettistes!

  • Un américain à Paris : la révélation de Nick Itkin

Auparavant, il a fallu commencer la journée avec une nouvelle décevante pour les enfants et les jeunes : évoquer, sur le trajet, l’élimination précoce et l’absence de notre compagnon d’armes, l’espagnol Carlos Llavador du tableau de 64. Auteur de 4 victoires et 2 défaites au tour de poules de qualification le vendredi, Carlos était exempté du tableau de 256; à la recherche de meilleures sensations, c’est finalement l’italien Damiano Rosatelli qui mettra fin de manière prématurée à son week-end parisien. Il reste tout de même quelques rendez vous importants pour le madrilène, qui espère encore voir la capitale nippone au mois d’août.

Le CEFC et ses jeunes membres ont tenu à lui faire un vibrant salut et se sont réunis autour de lui samedi pour un chaleureux moment, pour séance de signature improvisée.

Carlos Llavador (ESP) entouré des enfants et jeunes du CEFC

Sur la plus haute marche du podium du CIP, c’est un jeune homme impatient qui s’y est installé. Depuis plusieurs mois, le nord-américain Nick Itkin, tout juste âgé de 20.ans, gravit les marches quatre à quatre. Son rythme, tout en précision, pressing, tempo et accélérations, est celui d’un grand champion en devenir. Il est tout simplement l’un des 3 plus jeunes vainqueurs depuis 2000, depuis Brice Guyart 20 ans en 2002, Kleibrink pas encore 21 ans en 2006, victoires les plus précoce de ce 21ème siècle, et tous deux parés d’or olympique en 2004 et 2008. On ne serait pas étonné qu’il renverse très bientôt la table, y compris celle où sont régulièrement invités les “anciens”, ses coéquipiers de l’équipe USA, encore vainqueur du tournoi par équipe, et dont le membre plus âgé dépasse à peine les 30 ans. Inutile de dire que les étasuniens sont l’avenir de l’escrime : ils écrivent déjà avec leur pointe le présent de la discipline.

  • L’hommage au “petit homme” (Dimanche 12 janvier 2020)

Dimanche, les membres de l’équipe de France d’escrime ont rendu un chaleureux hommage au plus grand des petits escrimeurs français : le provençal Erwann Le Péchoux. Le “petit” (1m71 de rage de vaincre et de talent), a reçu une surprise vibrante d’émotion et de spontanéité de ses coéquipier.e.s, famille et ami.e.s, formant une belle haie d’honneur pour le futur “retraité”. Lorsqu’il a pris le micro pour annoncer au public qu’il participait à son dernier CIP, il s’est ensuite retrouvé à chercher ses mots, très touché par la sincérité de l’honneur reçu. Sa carrière se poursuivra, on l’espère, au moins jusqu’aux Jeux Olympiques de Tokyo, où il aura peut être l’occasion de décrocher un dernier grand podium international. Au total, il aura passé près de 20 ans en équipe de France d’Escrime, avec laquelle il a mené les troupes 4 fois vers l’or mondial par équipes (l’incroyable triplé 2005-2006-2007 et le superbe titre mondial de Kazan en 2014). Tout le monde se souviendra de ses incroyables derniers relais, même les perdants, dont cette cruelle défaite sicilienne de Catane en 2011, où menés 40-35 avant le dernier relais, verra les bleus, emmenés par un Le Péchoux des grands jours être toujours menés 44-40 pour finalement égaliser à 44 partout, et céder… à la mort subite, sur une attaque de Lei Sheng, champion olympique un an plus tard à Londres.

Le Péchoux aura tout connu à Paris, y compris un de ses plus beaux succès, en triomphant en cette même année 2011. Bagarreur et doté d’un gros moteur, il va laisser un grand vide après avoir si longtemps pris ses marques et ses aises. A la relève et aux plus jeunes de devoir désormais s’accrocher pour assurer une succession qu’on espère, aussi longue et réussie !

  • L’heure des comptes.

Et nos jeunes dans tout ça? Au moment de rapatrier la troupe CEFC dans le 20ème après la finale individuelle, nous nous remémorons les bons moments de l’épreuve : la fougue d’Enzo, une nouvelle fois sur le podium, la jeunesse et l’allant du vainqueur Itkin, et d’autres figures marquantes de cette édition, comme l’impressionnant égyptien Abouelkassem. La chasse aux autographes des vedettes est remportée par le jeune Octave (d’après enquête très sérieuse !) et ses 20 signatures. Sur les 8 heures passées au stade, au moins deux ont vu les jeunes s’initier au sabre lumineux issu d’un imaginaire galactique bien connu, d’il y a bien longtemps dans une lointaine, très lointaine galaxie

Les comptes des escrimeurs, eux se poursuivent avec les Coupe du Monde du week-end : podiums pour Charlotte Lembach au sabre et au fleuret pour Ysaora Thibus, et Marie Florence Candassamy à l’épée à la Havane. victoire du sabreur Boladé Apithy au Canada, 2ème place des épéistes à Heidenheim et qualifiés pour Tokyo. Brillants au mois de janvier, les bleus sauront-ils tenir le rythme d’une très longue saison? Jusqu’au 4 avril, clôture du classement FIE, vous pouvez suivre la course -très complexe- à la qualification sur le site dédié : https://tokyo2020.fie.org/qualification

Nous espérons revenir l’an prochain, et emmener nos licenciés sur un événement de ce type pour apprécier les grands escrimeurs. On finit sur une dernière interrogation, et un souhait de notre part, relayée par nos plus jeunes licenciées : à quand les escrimeuses à Paris?

Thomas Fioretti

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