Un week end sportif en Belgique

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Voici un compte-rendu de notre virée en Belgique le 28 et 29 mars 2015.

Le voyage d’aller

IMG_4584Presque tout le monde était a l’heure,  et les rares retardataires étaient moins en retard que ne l’était le car.  En fait le départ a eu lieu au 122 avenue Gambetta pour éviter que le car ne soit bloqué dans la rue Borrego…  Mais Yves n’était pas prévenu,  et il lui a fallu batailler un peu pour sortir de la rue de la Mjc.  Mais bon dix minutes de retard ce n’est rien.
Le voyage est tranquille et plein de bonne humeur.
On s’est même payés le luxe de faire un lâcher d’enfants dans une station service sur la route. Par contre nous avons été bien faibles en achetant des bonbons industriels aux enfants.  Ils étaient certes ravis mais à cause de ça il a fallu faire l’impasse sur les magnifiques chocolats que l’on trouve dans les boulangeries en Belgique.

Rien que pour ça il faut vite y retourner.

Retrouvailles

retrouvaillesNous sommes arrivés à Bouillon juste avant que les enfants ne perdent patience et commencent a grimper partout dans le car.
Sur le parking retrouvailles avec Valerie, Tim et les “enfants belges” (mes aïeux,  qu’ils ont grandi ! ) ainsi qu’avec la famille d’Elouan qui était venue par la route.
On devait pique-niquer le long de la Semois,  mais il pleut ! La taverne sur le parking accepte de bonne humeur de nous recevoir avec nos victuailles bien qu’il est clair que nos consommations se limiteront à quelques cafés seulement (Bistrotiers parisiens prenez-en de la graine !).  Merci beaucoup taverniers inconnus, amis des voyageurs.

Au fait, devinez qui avait presque oublié son pic-nic et a du partir en quête de pain ? Et oui, c’est bien celui qui vous a cassé la tête pendant une semaine en vous répétant de ne pas oublier le pic-nic… Sans commentaires ! (ça mérite presque des pompes, ne le dites pas au Maestro !)

Le château de Bouillon

20150328_131034Nous retrouvons Andrea et sa famille (qui sont aussi venus en voiture) à la sortie de la taverne et zou,  en route pour le château à quelques pas de là. Première surprise : deux guides nous attendent,  vêtus d’un costume du XIIIe siècle.
Le premier guide,  armé d’une épée prend tous les enfants et les emmène dans le donjon !

Génial, nous nous sentons tous un peu plus légers… (Nous laissons les jeunes aux bons soins du guide sans remords aucun – mais non,  je blague,  les enfants ont vraiment été très assez sages et le guide n’a même pas eu besoin de son arme -)panorama_cefc_neufchateau
La deuxième guide nous conduit ensuite,  posément et en toute quiétude dans un agréable et silencieux parcours au sein de la forteresse.

IMG_4603La visite est extra, déjà le lieu (bien qu’il n’aie plus rien de médiéval) est vraiment exceptionnel.  Imaginez donc : des salles immenses aux détours de couloirs sombres et étroits, des caveaux et des oubliettes,  des escaliers extraordinaires et des passages cachés partout… Magnifique ! Et la vue sur la vallée, avec de l’air pur (plus pur qu’à Paris en tout cas!)

Mais attendez,  ce n’est pas fini ! En plein milieu de la visite, une deuxième surprise nous attend.  Et elle est de taille : un spectacle de fauconnerie.  Des fauconniers très bien préparés – et très drôles – nous présentent des animaux fabuleux qui volent tout autour de nous.  Comme il pleuvait un peu, les adultes étaient mouillés mais positivement ravis,  et je ne vous parle même pas des enfants qui étaient aux anges (curieusement ils ont toujours de quoi se mettre à l’abri de la pluie, eux !)IMG_4607

Juste une petite visite à la salle des tortures (c’était peut-être bien le moins drôle ; que voulez-vous, je suis une âme sensible) avant le départ pour Neufchâteau.

Mais j’allais oublier, avant de quitter le château les enfants ont eu droit d’être adoubés chevalières et chevaliers dans la grande salle. Un genou au sol, ils ont reçu de belles médailles en terre cuite à l’effigie de Bouillon (elles sont moins solides que les médailles d’escrime, d’accord, mais franchement, elles sont très belles !)

Arrivée à Neufchâteau : visite du marais et ballade aux abords de la forêt

20150328_163126Nous avons tout juste le temps de déposer les bagages dans le hall du centre sportif, et nous partons derrière les pas d’un guide visiter les abords immédiats du centre.

Notre guide étant un ancien meunier, la visite commence tout naturellement par un ancien moulin à eau restauré, ensuite nous visitons le marécage, par un magnifique parcours en caillebotis. Cabane et poste d’observation, les enfants belges et français, s’amusent comme des fous, et les parents ont juste la trouille que l’un d’entre eux ne tombe dans l’eau -(ça a du arriver d’ailleurs, je ne sais plus lequel… mais ne vous en faites pas, il a du être repêché.).

Ensuite nous progressons vers les abords de la forêt, à la recherche d’une source, et nous en profitons pour ramasser des jolis cailloux et de l’ardoise.

Avant de revenir au bercail, notre aimable guide nous a préparé, lui aussi, une surprise : de la prunelle et de la myrtille artisanales pour les grands, et une boisson aux agrumes, elle aussi artisanale, pour les enfants. Un délice ! Slurp ! – en soi cela valait déjà le déplacement !

La soirée au centre d’hébergement

Nous prenons possession de magnifiques chambres spacieuses et hautes de plafond, avec salle de bains et toilettes. Des lits douillets et confortables… Excusez du peu ! C’est vraiment dommage de n’y rester qu’une nuit !
Par contre, je peux vous l’avouer maintenant, j’ai eu un peu la trouille en voyant que dans les chambres d’enfant certains lits devaient culminer à 2m50 de haut ! Mais bon, on dirait que seuls les parents s’inquiètent… Les enfants étaient à l’aise comme des écureuils dans les branches d’un arbre et tellement heureux d’être la haut ! Il a juste fallu consoler ceux qui, arrivant les derniers, ont du prendre les places basses.

Le centre est tout neuf, fonctionnel et plein de jeux pour grands et petits : baby-foot ; ping pong, sans oublier des puissance 4 géants pour les plus jeunes.

Le deuxième étage est occupé par les cuisines et une très grande salle à manger ! On nous a servi un bon repas (crudités à foison et soupe en entrée  ; frites et de la viande fraichement préparée, tendre et parfumée en plat ; fruits et produits laitiers en dessert). Des boissons offertes par le Cercle d’armes de Neufchâteau ont accompagné ce repas qui m’a bien plu.

Ah, attendez, un seul carton noir pour nos petits mâles qui sont partis sans débarrasser ni essuyer leur table. La honte ! Et j’espère que Maître Eddy leur en touchera un mot !

Nous rencontrons d’autres hôtes tireurs : les compagnes et compagnons d’armes du CEP, que nous connaissons bien, et aussi un sympathique groupe d’Armentières (il faudra que l’on pense à organiser quelque chose avec eux un de ces quatre…).

Après le diner, pendant que les enfants menaient tranquillement leur vie, nos hôtes ont organisé une petite soirée dégustation de bières. Non seulement nous pouvions les boire, mais un spécialiste nous en expliquait l’histoire et la manière de les servir. Le tout accompagné de petits morceaux de fromage, comme dans les estaminets… C’est le seul moment où j’ai regretté de tirer le lendemain.

Nuit

À une heure raisonnable – presque à 11 heures – nous avons commencé à rassembler les petits et à les préparer pour la nuit. sages comme des images, les enfants se couchent et nous autres parents faisons de même, convaincus que nos chers petits auront vite fait de rencontrer le marchand de sable… Pauvres naïfs que nous sommes !
Bon,  il faut le dire, la nuit n’a pas été de tout repos pour tout le monde ! Une chambre à fait la java jusqu’à 3 heures du matin !

Ceux qui s’en sont occupés (merci Tim ) ont du intervenir alors qu’ils étaient dans une chambre un étage au dessus ! C’est vous dire ce que ça devait être… Il ont d’ailleurs dit qu’à vrai dire les ronflements des parents de la chambre contiguë étaient peut-être plus pénibles que le boucan des enfants.

Petit déjeuner

20150329_080811La journée s’annonce radieuse ! Une pluie torrentielle à l’extérieur, et nous autres bien au chaud dans le centre d’hébergement, relié par un portique au centre sportif où nous allons passer la journée sur les pistes !
Le petit déjeuner sportif (tartines, céréales, jambon, fromage, fruits, produits laitiers, jus de fruits) est pris dans le calme – il faut dire que certaines mirettes restent obstinément closes ! – Et on commence à sentir le silence de la méditation avant l’épreuve.

Après le petit-déjeuner et la toilette, les enfants prennent leurs affaires et leurs parents et filent vers le centre sportif.

Aïe ! Je n’avais pas pensé qu’il fallait libérer les chambres avant 10 heures ! ( Ca a du être un acte manqué, tellement j’avais envie d’y rester encore !).
Aussi il faut courir derrière les parents pendant que les enfants se préparent et vérifier que plus rien ne reste dans les chambres pendant que les pupilles font leur échauffement avec Thomas.

En Piste

Vive les arbitres

La pluie de la veille semble avoir quelque peu incommodé certains arbitres qui n’ont pu se présenter, et le nombre de tireurs était tel que tous les arbitres disponibles sont réquisitionnés et Thomas fait bien sur partie du lot.  C’est dommage pour nos jeunes, mais c’est normal après tout à l’escrime comme à l’escrime, et s’il le faut… il le faut ; outre l’observance des règles et l’attribution des points dans la stricte impartialité, les arbitres permettent de maintenir un bon état d’esprit et tempèrent les excès d’adrénaline. C’est bizarre, l’escrime est tellement chouette qu’on peut oublier parfois qu’il s’agit d’un sport de combat ! En tout cas chapeau à tous les arbitres : il n’ont pas arrête un instant, ne serait-ce que pour avaler un morceau ; du matin jusqu’à la fin ils ont été sur la brêche et ils sont sortis des pistes en rampant, tellement ils étaient épuisés à la fin du tournoi.

Chapeau les enfants !

En tout cas  les enfants ont été impressionnants : sans maitre Eddy et sans Thomas les voilà lâchés sur les pistes, certains pour leur première compétition où même à l’électrique pour la première fois.
C’est dur, mais ils font de leur mieux et se soutiennent les uns les autres comme jamais je ne les avais vus, en jetant parfois un regard en biais à d’autres enfants et à leurs maitresses et maîtres d’armes…  Franchement c’était émouvant. Bien sur, les parents font ce qu’ils peuvent, mais bon ça n’a quand même rien a voir.
Heureusement que Benoit (un ancien habitué de la piste) était des nôtres et qu’il a pu retrouver ses vieux réflexes et avoir le mots justes d’un bout à l’autre de la salle.

Un autre moment exceptionnel

20150329_122941Quand arrive l’heure de monter en piste pour les poussins, on prend conscience qu’il faut que ces enfants s’échauffent ! Ou là là, mais qui s’y colle?  Comment on fait ? Heureusement Frédéric prend en main l’échauffement des poussins dans le hall du centre sportif : bon ben il improvise.  C’était sublime et tellement beau.

Bref, je crois que de notre côte nous pouvons discerner une belle médaille à Fred et à Benoît pour leur participation ! Il ne faudra pas les oublier, Maestro, lors de la remise des prix de fin d’année !

Au fait, j’ai oublié de préciser qu’au dessus de la salle d’armes où se déroulait le tournoi trônait une longue ligne de drapeaux : européen, de régions belges, belge, français, néerlandais, et… cubain ! Caramba que d’émotions ! Vous comprenez, dans le cadre d’une compétition d’escrime un drapeau cubain, n’est pas juste un drapeau cubain, c’est, comment dire, le drapeau de Maître Eddy et de tout notre Cercle ! Bref nous y avons tous été sensibles, grands et petits !

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La compétition a duré toute la journée, et, pendant que les enfants faisant face sur la piste, les parents s’affairaient devant le bar pour nourrir tout ce petit monde de ventres sur pattes.

Beaucoup de choses se sont passées sur les pistes et de nombreux tireurs ont fait des exploits, mais c’est là une autre histoire. Je voudrais quand même dire un petit mot à propos du jeune Elouan qui, s’étant retourné un pouce à l’école il y a quelques temps, a du donner forfait au bout de quatre combats sous la pression d’un médecin, de deux infirmiers et d’un kiné et sous les yeux atterrés de ses parents. Sur les quatre il en avait remporté trois ! Whouau ! Mais ce n’est pas tout, puisqu’il a passé le reste de la compétition sur les pistes à courir derrière ses compagnes et compagnons d’armes pour les encourager jusqu’au bout !

La rencontre adultes loisirs

20150329_160854Enfin on nous appelle aussi ! On vient tout juste de lâcher les poussins sur les pistes et on prend conscience que les hauts parleurs crachent nos noms et les numéros des pistes sur lesquelles nous sommes attendus ! Et on ne sait même plus où sont nos affaires alors que nous sommes encore en tenue de ville ! En courant avec un sandwich pour un enfant à la main, je croise Nicolas, en chaussettes, le pantalon d’escrime non boutonné en train de chercher partout son épée ; à un autre moment je vois Alexandre -près de l’escalier je crois – courir à cloche pieds en mettant en même temps ses chaussures, le fil de corps qui s’étire comme un serpent derrière lui sous les yeux médusés des gérants du stand Uhlmann… Je crois que j’arrive enfin sur une piste, accoutré à l’envers, sur laquelle je finis de m’habiller et l’épée encore dans son fourreau… Puis enfin on se met en garde et au commandement d' »allez » on rentre enfin dans l’étrange quiétude du tireur…

Départ en triple vitesse (au moins on évite les sanglots)

bye_byeÀ 18 heures certains enfants sont encore sur les pistes, et il ne veulent pas les lâcher d’un pouce. On commence néanmoins à charger les bagages et à chauffer l’intérieur du car. Qu’est-ce que je dis aux parents qui nous attendent à Paris, moi ? Dehors la pluie tombe à l’infini, tellement fine qu’on dirait des aiguilles, le ciel est bas et le jour s’estompe déjà. Dedans on sent la fatigue, mais on attend tous les podiums, certains avec l’envie de rentrer et la crainte de partir, d’autres le contraire, mais tous avec une envie de mordre dans ce moment unique où, quelque soit notre place ou rôle dans les événements, nous concrétisons l’accomplissement de ce projet sportif.

Les arbitres sont salués par des acclamations à décorner un boeuf, les vainqueurs sont applaudis à tout rompre, quelques photos, des derniers bisoux ou poignées de main et sans trop savoir comment on se retrouve tous en train de rouler vers Paris. On n’a même pas pu saluer tout le monde…

Yves est parfait et nous dépose à Paris, avenue Gambetta à 11 heures précises. On prend nos sacs et on file vite à la maison, demain il y a école !

MERCI, Neufchâteau ! Il n’y a pas d’autres mots.